Quel avenir pour nos entreprises ?

Publié le par Debout La République Pas-de-Calais

FailliteDans son édition du dimanche 3 février, le Journal de Saône-et-Loire nous fait état d’un triste constat : les défaillances d’entreprises dans notre département n’ont jamais été aussi nombreuses jusqu’à présent. En effet, pour la seule année 2012, pas moins de 1 400 procédures de redressements ou de liquidations judiciaires ont été prononcées par les tribunaux, conduisant ainsi à la suppression de près de 5 000 emplois.

Autre constat, l’augmentation des défaillances d’entreprises s’élève à 12% en Bourgogne, alors que celle-ci n’est que de 3% sur l’ensemble du pays. Notre région est particulièrement touchée par ce problème majeur, comme en témoignent la fermeture programmée de la centrale thermique de Lucy à Montceau-les-Mines, et l’annonce toute récente du dépôt de bilan de la société Oxxo basée à Cluny, menaçant de faire disparaître 430 emplois.

Surtout, ce sont les micro-entreprises et les très petites entreprises qui sont le plus touchées par ces défaillances. En effet, ces structures représentent à elles seules 93% des entreprises défaillantes sur le département. Pour autant, comment s’étonner de leur disparition lorsque l’on connaît leur faible montant de bénéfices réalisés et leur taux d’imposition ? 33% contre 24% pour les entreprises du CAC 40 qui réalisent des millions d’euros d’excédents. Le contraste est saisissant, alors même que ces petites entreprises représentent 94% du tissu économique français selon une étude réalisée pour l’INSEE. Et d’autant plus saisissant que ce sont ces TPE et PME qui contribuent le plus à structurer économiquement les territoires, et que ce sont elles qui créent des emplois (quand elles le peuvent) alors que les multinationales ou les « major » du CAC 40 n’en créent pas ou pire, en suppriment !

Malgré un contexte économique difficile pour la France et l’incapacité du gouvernement socialiste à mener une politique efficace en la matière[1], il existe pourtant des solutions pour nos entrepreneurs.

La première consisterait en la diminution de moitié de l’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis sur le sol français pour les entreprises de moins de 250 salariés.

La seconde serait d’exonérer de cotisations sociales pendant cinq ans le recrutement d’un chômeur de longue durée pour une très petite entreprise, l’idée étant d’alléger la facture fiscale pour ces structures qui croulent sous de trop nombreuses charges.

Une troisième piste pourrait être la création d’un « fonds spécial d’investissement en matière grise[2] », qui ne serait pas dédié à l’investissement structurel au profit d’entreprises innovantes (il existe déjà), mais à la détection et à l’embauche dans des conditions décentes, au profit de notre industrie, de ces « cerveaux » qui préfèrent aujourd’hui s’expatrier plutôt qu’aller végéter dans les coursives du C.N.R.S. ou de se voir refuser un emploi parce que « trop qualifiés ».

En France, on sait à peu près investir sur les structures ; on ne sait pas investir sur les hommes.

Flavien Goulisserian

Délégué de la 1ère circonscription de Saône-et-Loire

 


[1] Car pour conduire une politique efficace, il faudrait que les politiques économiques de la France cessent d’être dépendantes de la ligne définie par Bruxelles, ce qui n’est pas le cas. Il faudrait par exemple restaurer dans certains secteurs un protectionnisme intelligent, ou affirmer que la libre-concurrence au sein de l’Europe ne doit pas s’accompagner de délocalisations d’entreprises nationales en direction de pays de la Communauté européenne à bas coût, ou pire en direction de pays émergents.

[2] Ou tout autre nom, bien entendu !

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