Les sous doués auront le bac !

Publié le par Debout La République Pas-de-Calais

 
 

Qui ne se souvient pas de cette attente angoissante devant les résultats du bac et de cette euphorie qui s’en suit ? Entre pleurs de joie pour les uns et tristesse pour les autres. Tant d’intérêt pour un diplôme synonyme d’accession aux études supérieures, un diplôme qui fut longtemps gage d’emplois.

On a souvent tendance à dire que la valeur d’une chose se mesure à sa rareté, cela vaut également pour le baccalauréat…

Il est très facile d’illustrer la dévalorisation du bac grâce aux données de l’Education Nationale.
En 1970 le taux de réussite du bac général (toute filière confondue) était de 69 %. Ainsi pour une classe de 30 individus, 9 n’obtenaient pas le précieux sésame, près d’un tiers ! Aujourd’hui le taux de réussite de ce même exercice tourne autour de 90%. Une augmentation de 20 % en trente ans. Les chiffres de la proportion de bachelier dans une génération sont encore plus démonstratifs : En 1980, 18.6 % de jeunes obtenaient le bac général. 20 ans plus tard, en 2009 ils sont 35.9 %. En résulte près de deux fois plus de bacs généraux décrochés en vingt ans !

On pourrait se réjouir de l’efficacité de notre enseignement mais ne nous y trompons pas, si le taux de réussite au baccalauréat a connu une telle évolution c’est en raison de la facilité de celui-ci. Non les élèves n’ont pas plus de connaissance qu’il y a trente ou vingt ans. Seulement le diplôme s’est vu largement facilité.

Le niveau des épreuves baiss. Pour les élèves au niveau faible, ce sont les matières optionnelles (prenant en compte uniquement les points au-dessus de la moyenne) qui leur permettent de combler leurs lacunes dans les matières principales.

Le baccalauréat général ne doit pas former une élite sociale. Toutefois, un diplôme se doit de faire une sélection. Ce diplôme faisant le bilan de l’enseignement secondaire doit permettre aux élèves n’ayant pas le niveau requis pour faire de longues et difficiles études d’être réorienté vers d’autres voies, des voies qui conviendront mieux à leurs compétences et qui leur assureront un avenir plus serein. Mais" donner" le bac ne fait que reporter à plus tard la sélection qui est nécessaire, et c’est dès la première année d’étude supérieure que l’incapacité de ceux qui sont toujours passés dans les mailles du filet malgré un travail insuffisant apparaîtra au grand jour, souvent après que les parents aient payé des études à coûts exorbitants dans le privé. Et pourtant les politiques chargés de l’enseignement supérieur s’étonnent encore que de nombreux étudiants sortent de la fac sans aucun diplôme après quelques mois, ou années pour les plus persistants, passés sur les bancs de l’université. Et si certains mettent en avant le coût pour la collectivité du redoublement en terminale afin de justifier la facilité du bac il faut avouer qu’un redoublement à l’université a aussi un coût.

Quelle gloire peuvent retirer les lycéens d’obtenir un diplôme quasiment donné ? Il est temps de réévaluer le bac. Cela n’a pas pour but de pénaliser les élèves qui ont des difficultés mais de permettre de leur indiquer une voie qui sera peut-être moins reconnue mais qui conviendra au niveau scolaire de l’élève et à son effort fourni.
Dans tous les cas la réévaluation du baccalauréat général ira dans le sens des jeunes.

PAIN Pierre

Publié dans Dans l'actualité

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