Les salles de shoot : un bilan mondial désatreux

Publié le par Debout La République Pas-de-Calais

 

Le gouvernement socialiste vient d'annoncer son projet d'installer des salles de shoot en France et la mairie du 9e arrondissement parisien s'est dite favorable pour servir de cobaye à cette expérience. Norman Charles, membre du Bureau national de DLR et délégué national à l'Ordre public s'est insurgé contre cette nouvelle folie socialiste. Vous pouvez d'ailleurs retrouver son communiqué en cliquant ici.

De nombreuses salles de shoot existent dans le monde et Marisol Touraine espère les expérimenter dans plusieurs villes françaises en 2013, à commencer donc par la capitale. Bertrand Delanoë a d'ailleurs affirmé tout de suite son soutien au projet d’expérimentation [i]. Pourtant, le bilan mondial de ces salles s’avère désastreux. Dans cet article synthétique, DLR a voulu revenir dessus pour démontrer l'absurdité de la décision du gouvernement et des municipalités socialistes

 

La volonté d’ouvrir de tels centres repose sur des postulats erronés

Il est devenu courant d’affirmer que la lutte contre les drogues a échoué. Pourtant, en 2010, la police française a saisi 36 tonnes de produits stupéfiants. A défaut d’être suffisant, 36 tonnes ne peuvent constituer un échec. De plus, la politique globale de lutte contre la drogue a permis de diviser par quatre le nombre d'infractions à la législation sur les stupéfiants pour usage d'héroïne, de diminuer l'expérimentation du cannabis chez les jeunes de 17 ans en passant de 50 % à 42 %, de baisser celle de l'ecstasy de 20 %.

Un des objectifs de ces salles serait aussi de réduire les contaminations par le VIH. Or, contrairement aux pays où sont autorisées les salles d'injection, les politiques de réduction des risques et de soins sont beaucoup moins performantes qu'en France. En effet, notre pays a enregistré des résultats probants en terme de baisse des contaminations par le VIH (divisés par quatre en quinze ans). L’usage de drogue ne représenterait plus que 2 % des nouvelles contaminations[ii].

 

Un bilan mondial négatif [iii]

Des salles incitatives

Le nombre de consommateurs de drogue a-t-il baissé depuis l’ouverture des salles de shoot ? Non, répondent les associations de lutte contre la drogue dans les différents pays concernés. De nombreux rapports soulignent que « en réalité, [ces salles] entretiennent la dépendance aux drogues au lieu d'aider les gens à s'en débarrasser », déclare Joséphine Baxter, vice-présidente de la Fédération mondiale contre les drogues. Dans son pays, l'Australie, la salle d'injection de King's Cross, créée en 2001 à Sydney, est très controversée. L'association Drug Free Australia a démontré en 2006 que le risque était trente-six fois plus important d'avoir une overdose dans la salle que dans le quartier alentour. De plus, la salle attire les dealers à ses portes. « Ces endroits créent un effet “pot de miel”, où les dealers se regroupent pour vendre leur drogue aux acheteurs qui entrent ensuite dans la salle d'injection. »

Un sondage a également démontré l'effet pervers de l'ouverture de tels centres : En Allemagne, qui compte une vingtaine de salles, le nombre de décès liés à la drogue a baissé de 20 % l'an dernier par rapport à 2010. Mais, dans le même temps, le nombre de nouveaux consommateurs a grimpé de près de 15 %.

Une consommation de la drogue en hausse

À Rotterdam, depuis leur fréquentation de la salle d'injection, 12 % des clients ont rapporté une baisse de leur usage de drogue, alors que 16 % reconnaissaient une consommation en hausse. À Genève, « l'avis des experts est peut-être très positif, mais pas celui des riverains, fustige Patrice Bo-Sieger, de l'association « Dites non à la drogue ». Les dealers prolifèrent, parfois agressifs, « et des gens viennent même de France pour s'acheter leur dose ». Même constat aux Pays-Bas, qui compte une quarantaine de sites dans quinze villes.

 

Une expérience nationale qui a déjà existé … et échoué

Une salle de shoot a déjà existé en 1994 et en 1995 à Montpellier. L'association Asud-Montpellier distribuait alors seringues et kits de prévention aux toxicomanes. La salle a fermé après le malaise d'une adolescente de 16 ans le 8 juillet 1995.

 

Les salles de shoot ne sont pas nécessaires

La France n’est pas totalement vierge de ces salles. Il existe déjà actuellement de nombreuses structures très actives, mobiles ou fixes, qui réalisent l’accueil, le traitement et la prise en charge des toxicomanes injecteurs ou non injecteurs. Au final, c’est plus de 130 000 personnes qui participent aux programmes de substitution pris en charge par le ministère de la santé, qui distribue 15 millions de seringues chaque année. On voit mal ce que les salles de shoot amèneraient de plus.

Michel Huguier déclare d’ailleurs que : « Les salles de shoot sont fermées progressivement en Suisse, au Danemark. Les Hollandais reviennent sur l’ouverture des bars à cannabis ; donc faire appel aux exemples européens est un mauvais argument... »

Publié dans Santé

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