L'Edito de Nicolas Dupont-Aignan

Publié le par Debout La République Pas-de-Calais

 

 

L’impunité pour tous

Décidément la passionaria du mariage pour tous n’en finit plus de faire démonstration de son sectarisme. En lançant hier sa conférence de consensus, elle prépare la France à un choc laxiste sans précédent. Son projet c’est l’impunité pour tous.

Comment expliquer qu’en 2013 un gouvernement puisse encore croire à une justice bisounours ?

Le hiatus originel est en fait assez simple. Les bien-pensants estiment que la politique sécuritaire du précédent gouvernement a été un échec. C’est en partie vrai. Mais son échec vient justement de son illusion de fermeté. Si Nicolas Sarkozy a toujours été ferme dans ses discours, c’était tout autre chose dans les actes. C’est quand même sous sa présidence qu’a été votée la loi Dati qui exonère d’incarcération les condamnés à moins de deux ans de prison. C’est quand même sous sa présidence que les forces de l’ordre ont perdu 15 000 postes. C’est quand même sous sa présidence que les peines alternatives comme les bracelets électroniques sont devenues une norme.

Le problème est que les organisateurs de cette conférence de consensus n’ont aucune idée de la réalité du terrain. Le sentiment d’impunité est général. Selon un rapport du Sénat, 80 à 85% des jeunes auteurs de délits n’ont jamais été confrontés à un magistrat ou un policier. En tant que député de banlieue, je le vois quotidiennement dans ma circonscription. Les policiers n’ont plus de moyens pour exercer efficacement leur métier. Et quand ils arrivent à remettre à la justice des délinquants, ceux-ci sortent souvent le jour même.

Les protagonistes de cette conférence de consensus parlent de généraliser la probation plutôt que la prison mais savent-ils que la France est le pays où il existe déjà le plus de peines en milieu ouvert : sursis avec mise à l’épreuve, bracelet électronique, travail d’intérêt général, stage, sanction-réparation, jour-amende…

Notre justice est gangrenée par un esprit laxiste incarné par le Syndicat de la Magistrature qui a fait de la défense du voyou son dogme.

Mercredi le meurtrier de la jeune Carla, qui avait été frappée à mort en 2011, a été condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis et mise à l'épreuve. Avec la préventive et les remises de peine, il est déjà en liberté. Mais apparemment pour Madame Taubira, notre Justice serait encore trop dure…

Les délinquants savent depuis longtemps comment tirer parti du laxisme de l’Etat. Mais le projet de Madame Taubira va beaucoup plus loin. C’est une inversion définitive des valeurs. C’est une société où le délinquant finit par être traité avec plus de considération que la victime. C’est une folie.

Certaines des pistes retenues par le gouvernement vont à l’encontre du bon sens : libération conditionnelle automatique aux 2/3 de la peine; remise en cause des procédures rapides type comparution immédiate; dépénalisation de certaines infractions...

Madame Taubira engage la France sur une autoroute à contre-sens. Et ce genre de manœuvre se finit toujours mal.

Etant donné que Madame la Garde des Sceaux semble totalement déconnectée de la réalité criminelle, j’ai pris la décision de lui faire un petit cadeau. Je lui ai envoyé aujourd’hui un exemplaire du livre « La France Orange mécanique » par le journaliste Laurent Obertone. Avant de remettre mercredi prochain au Président de la République les recommandations de la conférence, j’enjoins Madame Taubira à lire ce terrible mais véridique récit de la France des années 2010.

A Debout la République nous défendons un Etat juste mais ferme où la victime serait toujours la priorité. La République n’a d’avenir que si elle peut garantir la sécurité aux citoyens. C’est pourquoi nous proposons le recrutement de policiers et gendarmes pour revenir au niveau de 2007, la construction de 20 000 places de prison, la suppression de la loi Dati, la graduation des peines pour que chaque délit même le plus petit soit sanctionné…

Au projet d’impunité pour tous du gouvernement socialiste, nous préférons l’impunité zéro.

Nicolas Dupont-Aignan

Président de Debout la République

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