L'Edito de Nicolas Dupont-Aignan

Publié le par Debout La République Pas-de-Calais

 

La commedia dell’arte

Ah il fallait voir leurs mines réjouies. Il fallait voir leurs petits clins d’œil et leurs sourires en coin. Il fallait voir leurs esclandres surjoués et leur air cabotin.

Depuis mardi l’Assemblée nationale revit. Avec le projet de loi sur le mariage homosexuel, la commedia dell’arte est de retour au Palais Bourbon. Comme de vieux acteurs sur le déclin, les députés jubilent de retrouver leurs rôles préférés ; les députés PS drapés dans la toge du modernisme et les députés UMP dans celle des valeurs.

A l’Assemblée nationale, une bonne pièce nécessite des antagonismes. Avec ce projet de loi, les acteurs UMP et PS sont servis. Ils font renaitre l’illusion d’un clivage pour amuser la galerie. Surtout avec le retrait puis la réapparition de la PMA, la circulaire Taubira sur la GPA, la nouvelle polémique sur le triangle rose… les rebondissements ne manquent pas.

Les médias, aux premières loges, sont ravis. Pour eux, le feuilleton s’annonce palpitant. Et ils vont en avoir pour leur argent. GPA (gestation pour autrui) et PMA (procréation médicalement assistée), voilà deux acronymes qui sont devenus les jokers du gouvernement. Pendant de longs mois, on va les voir agités pour éviter de parler des problèmes réels du pays.

Il serait pourtant si simple de répondre à une attente légitime des couples de même sexe. Pendant la présidentielle, j'avais proposé une union civile en mairie pour les couples homosexuels et une reconnaissance du statut des beaux-parents. L'immense majorité des couples homosexuels ne demandent rien d’autre. Et les Français y seraient totalement favorables.

En une journée, le débat serait clos. Mais en vérité ni le PS ni l’UMP ne veulent de cette décision de bon sens. Ce serait leur retirer une des dernières raisons qui fait qu’on parle encore de majorité et d’opposition. Pourquoi arrêter si vite un feuilleton comme ils les affectionnent ? Une fin précipitée les contraindrait à arrêter de jouer la commedia dell’arte et à reprendre le travail. Cela, ils ne le veulent pas.

Au final c’est la France qui est divisée et les homosexuels stigmatisés. Cette classe politique est pathétique. Et je pèse mes mots.

Pour rappel, en octobre dernier, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) a été ratifié en express. Députés PS et UMP étant d’accord, c’était beaucoup moins palpitant de faire durer les débats. Sur la mondialisation, sur la politique sécuritaire, sur l’immigration, sur le racket des monopoles privés, sur l’Europe, UMP et PS pensent au fond la même chose. Ils sont d’accord sur l’essentiel et se chamaillent sur l’accessoire.

Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement mais surement pas des Français, a dit cette semaine à propos du projet de loi sur le mariage homosexuel et l’adoption : « Nous sommes engagés dans une réforme à laquelle nous consacrons toute notre énergie ». Les milliers de Français qui perdent chaque mois leur emploi ou sont victimes de l’explosion de l’insécurité seront ravis de l’apprendre.

Ainsi le salarié de Goodyear à Amiens qui vient de perdre son emploi sera soulagé de savoir que bientôt un couple homosexuel richissime du Marais à Paris pourra louer les services d’une mère porteuse.

Les responsables politiques sont en complet décalage avec la réalité. Chaque semaine, je parcours la France à la rencontre du pays réel. Ce vendredi encore, je suis dans l’Aube et dans l’Yonne. Et les préoccupations des Français sont très loin de celles de Mme Vallaud-Belkacem. Ils s’inquiètent pour leur emploi, pour l’éducation de leurs enfants. Ils voient leur pouvoir d’achat fondre à cause de l’augmentation des impôts et du racket des monopoles privés (GDF Suez, sociétés d’autoroutes, SNCF, EDF, Total…). Ils ne supportent plus l’impuissance des pouvoir publics face aux petits voyous ou aux camps de Roms illégaux qui s’installent aux abords des villes comme dans ma circonscription dans l’Essonne. Ils se désespèrent de voir le bateau France couler sans que ceux censés être aux commandes ne lèvent le petit doigt.

Françaises, Français, ne désespérez pas. Sachez qu’il reste encore des patriotes sincères. A chaque déplacement, je vois de plus en plus de monde dans les réunions publiques, et surtout une majorité de jeunes. Aujourd’hui nous, les patriotes et républicains, avons besoin de votre soutien pour mettre au chômage ces acteurs de la commedia dell’arte qui prétendent nous gouverner !

Le 24 mars, venez au Congrès de DLR, pour clamer que la France n’est pas le petit pays qu’ils aiment dénigrer. Pour vous la France est grande. Pour vous le patriotisme républicain est l’avenir. Pour vous la Nation est plus forte que leur fric et leurs communautarismes.

Nicolas Dupont-Aignan

Président de Debout la République

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